Interview de Jean-François CLOUZET

Jean-François CLOUZET

Chef de projet de coopération transfrontalière

Doctorant en Sciences Politiques

Chercheur en Droit-Sciences politiques

jfclouzetihedn@gmail.com

linkedin.com/in/jfclouzetconsultancy

 

 

Quel est votre parcours professionnel ?

Mon parcours professionnel débute en tant qu’officier de sapeurs-pompiers professionnels. J’alterne des postes de conception en Etat-Major (chef du service « Développement du volontariat » puis adjoint au chef du service Prévention Départemental dans le domaine de la Prévention ERP/IGH) et des postes opérationnels dont celui de Chef du centre de l’Est-Gessien qui est, au coeur du projet d’agglomération genevoise, a pour objectif de protéger une population transfrontalière en constante expansion. J’ai tenu les fonctions de commandant des opérations de secours, d’officier en cellule opérationnelle de terrain mais aussi de cellule de crise.

Souhaitant relever de nouveaux défis en rejoignant les Chemins de Fer Fédéraux Suisses, j’ai pris la tête du projet de coopération transfrontalière relatif à la sécurisation du CEVA et du Léman-Express, et suis de plus en charge de la coopération transfrontalière franco-suisse dans le cadre de cette mise en exploitation. Ce projet ferroviaire constitue une première mise en application du 4ème paquet ferroviaire européen. Je traite ainsi de différentes problématiques permettant à un train de ‘’passer la frontière en sécurité’’ que ce soit dans les domaines de la sécurité civile, de la sécurité intérieure ou de gestion des frontières mais aussi en résolvant les problématiques douanières et fiscales ainsi que de détachement des travailleurs.

 

Quel lien faites-vous entre votre travail et votre thèse ?

En parallèle de mon activité professionnelle, je mène un projet de recherche dans le cadre d’un doctorat dans le domaine des études critiques de la sécurité, en favorisant le lien entre université et entreprise. En effet, par le biais de la recherche-action, je mets partiellement en application mes recherches dans le cadre de mes fonctions au sein des Chemins de Fer Fédéraux Suisses (CFF).

 

Pourquoi avez-vous décidé de faire une thèse ? Décrivez-nous votre sujet de thèse.

Mon mémoire de Master 2 Recherche, intitulé « la convention transfrontalière comme moyen d’optimisation du cadre juridique de coopération transfrontalière en matière de menaces nouvelles définies comme menaces de défense » sous la direction du Maitre de Conférence HDR David Cumin avait pour objectif d’observer si le cadre juridique de la coopération transfrontalière, et en particulier l’Accord de Paris de 2007 relatif à la coopération transfrontalière en matière judiciaire, policière et douanière, permettait de disposer d’un cadre adapté à la mise en oeuvre d’une politique de sécurité transfrontalière selon un continuum des Sécurités Intérieure et Extérieure. Or, mes recherches dans le cadre de ce mémoire m’ont montré que le débat de la coopération transfrontalière devait être abordé de manière beaucoup plus globale.

Mon projet de thèse, interdisciplinaire (Droit et Sciences Politiques) propose de mener une étude sur la politique de sécurisation appliquée à l’agglomération transfrontalière franco-valdo-genevoise (Grand Genève) au travers du développement du Léman Express. La question centrale de cette thèse est la suivante : « Comment émerge et s’organise une réponse de sécurité appliquée à une agglomération transfrontalière ? ». Aborder cette thématique est d’autant plus intéressant que les productions académiques sur ce sujet sont relativement limitées. En effet, l’angle d’étude vise généralement une partie de la sécurité au travers des accords de coopération judiciaire, policière et douanière à un niveau interétatique. Par contre, elles n’abordent pas l’agglomération en tant que territoire autonome nécessitant un besoin particulier de réponse sécuritaire au regard de la section frontière.

 

Quels autres axes de recherche souhaitez-vous développer ?

  • La coopération transfrontalière,
  • La métropolisation de la sécurité,
  • Le CCPD, outil de coopération intermédiaire,
  • Les outils de gestion de crise interculturels.

 

Pourquoi avez-vous rejoint l’IEC-IES ?

L’institut s’est construit sur la volonté de proposer une formation liée et inscrite dans la réalité pratique en faisant le lien entre Université et milieu professionnel ce qui rejoint pleinement ma philosophie de la recherche universitaire.