Interview de Claude Lefebvre

Consultant expert en technologies NRBC / codirecteur de recherche Master II NRBC

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Pourriez-vous nous présenter votre parcours professionnel ?

Le Colonel claude LEFEBVRE a rejoint l’Armée de terre en 1975 où il sert dans des unités d’Artillerie Nucléaire pendant près de 17 ans. Il tient successivement les postes d’officier de tir, de chef de section, de commandant d’unité d’une batterie de tir et d’officier feux à la cellule « feux nucléaires » du IIIe Corps d’Armée.

En 1991 il obtient son diplôme de l’Enseignement Militaires Supérieur Scientifique et Technique (EMSST) option « chimie & nucléaire ».

En 1993, il obtient son diplôme d’officier de défense Nucléaire,Biologique et Chimique (NBC) d’État-major puis son diplôme d’officier d’État-major en 1994.

Affecté en 1995 au département NBC de la Section Technique de l’Armée de Terre (STAT), il est nommé officier de marque, ingénieur système, du programme d’armement « Véhicule de l’Avant Blindé de Reconnaissance NBC ». A ce titre, il participe aux côtés des ingénieurs de la Direction Générale de l’Armement à l’élaboration du prototype tête de série du véhicule de reconnaissance NBC de l’Armée de terre. Il élabore les plans du polygone d’essais NBC implanté à Mourmelon où il effectuera puis dirigera les essais de qualification du système de détection et d’identification NBC embarqué du véhicule de reconnaissance.

En 2000, il rejoint le Centre d’études Tactiques et d’expérimentation NBC implanté à Bretteville-sur-Odon, où il élabore les programmes de formation des équipages de reconnaissance NRBC embarqués et participe à la création d’un simulateur d’entraînement et d’un laboratoire d’analyses spécifique dédié à la formation et à l’entraînement du personnel spécialisé.

En 2003,  il rejoint DRAGUIGNAN où il est nommé Commandant en Second du Groupe de Défense NBC puis assure le poste de responsable de l’instruction des équipes de reconnaissance et d’évaluation NBC (ERE NBC), avant d’être nommé, en 2006 , Directeur Général de la Formation du Centre de Défense NBC pour une durée de 4 ans.

Il lui est attribué le brevet d’aguerrissement NBC échelon « or » en 2006 en reconnaissance des expérimentations qu’il a menées au titre du développement du programme VAB RECO NBC.

Il participe cette même année à l’exercice « Nato Response Force 7 » (NRF) en tant que « Deputy Commander » du Joint Assesment Team NBC de l’OTAN  puis, à l’exercice Nato Response Force  11 en tant que contrôleur des équipes NRBC de l’Eurocorps.

En 2010, il obtient son Brevet d’Études Militaires Générales et rejoint les Écoles Militaires de Draguignan où il est affecté à l’État-major en tant que chef du bureau pilotage des écoles (Infanterie et Artillerie), officier de sécurité du site et conseiller NRBC de l’État-major de région. 

Depuis 2013, il est employé par diverses sociétés étatiques ou privées en tant que consultant expert en technologies de défense Nucléaire , Radiologique, Biologique et Chimique (NRBC). A ce titre, il étudie et conçoit des systèmes d’armes complexes dédiés à la détection, l’identification, la protection et la décontamination NRBC.

Il est chevalier de la Légion d’Honneur (2005) et de l’ordre National du mérite (2000).

En parallèle de vos activités professionnelles, vous avez entrepris des travaux de recherche. Pourriez-vous nous expliquer vos motivations ?

Le domaine NRBC  couvre un très large panel d’activités, qu’elles soient civiles ou militaires, qui comprennent de multiples facettes telles que la détection, l’identification, la protection, la décontamination et les traitements prophylactiques.

C’est un domaine qui évolue en permanence tant au point de vue risques et menaces que de celui de la défense et de la protection.

Il est donc absolument nécessaire de se remettre en cause en permanence afin de se tenir au courant des évolutions et surtout des applications concrètes qu’elles nécessitent et entraînent.

Pendant ma scolarité à l’ISMRA ( Institut des Sciences, de la Matière et du Rayonnement CAEN ) j’ai eu l’opportunité de pouvoir participer au symposium international de la chimie du Soufre et des composés Organophosphorés au côtés des plus grands experts reconnus du domaine. Cette étude correspondait en tout point à mon cursus de formation d’officier chimiste entrepris à EMSST (École Militaire Supérieure Scientifique et Technique).

Il était donc tout naturel que j’étudie le domaine des composés chimiques communément utilisés pour synthétiser des armes de destruction massive.

Parallèlement, j’ai eu la possibilité d’étudier sous la direction du formateur des Commandants de bord des sous-marins nucléaires lanceurs d’engins ( SNLE) , les « applications du nucléaire au quotidien » qui m’a permis d’approfondir mes connaissances du domaine précédemment acquises au cours de ma première partie de carrière.

Quelles sont actuellement vos axes de réflexion ?

Depuis 2013, ayant quitté l’institution militaire, je me suis penché sur les questions relatives aux systèmes de décontamination hospitalière répondant au cahier des charges édicté par le Ministère de la Santé. A ce titre, j’ai eu l’honneur de participer à l’élaboration de systèmes innovants prenant en compte les contraintes de la décontamination radiologique, biologique et chimique.

Parallèlement, je suis passionné par la formation et aime particulièrement transmettre aux plus jeunes mon expérience et mon savoir-faire au travers de conférences, de cours, de débats ou de colloques au titre de mon domaine de compétences.

Pourquoi avoir rejoint l’IEC et quelle relation souhaitez-vous établir avec ses membres ?

Étant passionné par le domaine NRBC, et ayant acquis au fil du temps une certaine expérience tant théorique que pratique, je pense pouvoir apporter ma « pierre à l’édifice » en faisant partager mes compétences aux autres membres de l’IEC au travers d’échanges constructifs qui pourraient déboucher sur des réflexions nouvelles relatives aux divers domaines abordés.

Je suis  bien évidemment particulièrement intéressé par l’IEC où j’aurais très certainement l’occasion de parfaire mes propres connaissances et, pourquoi pas, me remettre en question sur des sujets que je pensais parfaitement maîtriser…